L'oppressione dei contadini russi e la mancata riforma di Pietro il Grande
"Il est indiscutable que la réforme de Pierre ne pouvait avoir en vue l'européanisation des paysans. Bien au contraire. L'époque pétersbourgeoise a conduit, ainsi que nous l'avons vu, jusqu'à ses extrêmes conséquences leur asservissement à l'État et aux propriétaires fonciers. Durant la longue période qui va de Pierre le Grand jusqu'au général Kisélev, la condition du paysan russe s'est de plus en plus rapprochée de celle de la classe asservie des despotes orientaux. Le travail imposé aux paysans au profit des seigneurs ou de l'Etat devenait de plus en plus pénible. Déjà sous Pierre le Grand la condition du paysan avait empiré considérablement. Milioukov, en comparant les chiffres généraux de la population imposée de la Russie d'après les recensements de 1678 et de 1710, a démontré que cette population avait non augmenté, comme on aurait pu s'y attendre, mais diminué d'un cinquième. «Encore, ajoute-t-il, ne faudrait-il pas oublier que ce chiffre est déjà, pour ainsi dire, la résultante de la diminution réelle et de l'augmentation naturelle qui aurait pu quelque peu la masquer (1)». C'est là la terrible rançon que la population imposée de la Russie paya pour la réforme de Pierre. Milioukov, non sans quelque naïveté, remarque que, «si l'on excepte les mesures prises dans les dernières années en faveur de la classe urbaine, sous l'influence des idées de mercantilisme, Pierre le Grand ne fut pas un réformateur social (2)». On peut en convenir sans peine. Une réforme sociale a en vue l'amélioration du sort de la classe inférieure, et Pierre n'y songeait guère. En ce qui concerne les travailleurs, sa politique économique demeura fidèle aux traditions de l'État moscovite, qui n'avait jamais songé à aucune « réforme sociale»" [(1) L'économie nationale en Russie dans le premier quart du XVIIIe siècle et la réforme de Pierre le Grand, Saint-Pétersbourg, 1892, pp. 268-269; (2) D'après S. F. Platonov, Pierre payait un tribut aux idées de son siècle qui avaient suscité en Occident le système connu du protectionnisme mercantile {Cours, 6e édit., pp. 488-489). Mais Pierre payait surtout tribut à la vieille Moscou contre laquelle il luttait si cruellement en d'autres cas] (pag 139-140) [LEGGERE IN: Georges Plechanov, 'Introduction a l'histoire sociale de la Russie', Paris, 1926] [Versione digitale su richiesta] [ISC Newsletter N° 76] ISCNS76DIGIT  [Visit the 'News' of the website: www.isc-studyofcapitalism.org]