'Con una tale concentrazione di schiavi bastava un capo energico per far scoppiare una rivolta'
"Les prisonniers et otages cultivés, tels que les Grecs, les esclaves habiles en affaires, tels que les Syriens, étaient employés comme précepteurs ou administrateurs, et étaient peu à peu affranchis. L'un de ces esclaves affranchis fut l'historien grec Polybe, dont l''Histoire romaine' est l'une des meilleures qui soient. La noblesse et la plutocratie romaines n'avaient pour les Grecs que du mépris et se plaignaient de l'influence qu'ils exerçaient sur la culture romaine. Cette concentration d'esclaves, de masses considérables d'hommes animés d'une haine farouche pour leurs oppresseurs devait avoir pour effet, tôt ou tard, de provoquer des conspirations et des révoltes. Il ne fallait qu'un chef énergique pour les déclencher. La première révolte d'esclaves éclata en Apulie, en 187 avant Jésus-Christ. Elle fut rapidement écrasée et 7.000 esclaves moururent sur la croix. Incomparablement plus pénibles et plus sanglantes furent les deux grandes insurrections d'esclaves qui éclatérent en Sicile, la prémière de 134 à 132, la seconde de 104 à 101. Cette île fertile offrait un champ étendu à l'exploitation esclavagiste. Les domaines de l'Etat étaient des 'latifundia': champs de blés immenses, plantations d'olives et vastes prairies pour l'élevage de moutons. Des masses énormes d'esclaves cultivaient le sol, soignaient les arbres fruitiers, gardaient les troupeaux de moutons et faisaient de la Sicile le grenier de Rome. L'insurrection qui y éclata en 134 se transforma en une longue et pénible guerre. Les insurgés avaient pour chefs le Syrien Ennus et le Macédonien Cléon, qui groupérent autour d'eux une armée de 70.000 hommes armées contre les armées romaines qu'on envoya successivement contre eux, mais furent finalement vaincus, soit par la famine, soit par la force des armes. 20.000 insurgés moururent sur la croix. Cela se produisit à la même époque où se déroulait à Rome l'agitation des Gracques. La seconde insurrection sicilienne fut également conduite par un Syrien, du nom de Salvius, et un Macédonien, appelé Arthénion. Ce n'est qu'après que les chefs furent tombés dans la lutte que les Romains parvinrent à réprimer l'insurrection". LEGGERE IN: Max Beer, 'Histoire generale du socialisme et des luttes sociales. 1. L'antiquité', Les Revues, Paris, 1930] [Versione digitale su richiesta] [ISC Newsletter N° 73] ISCNS73DIGIT